Pièce de théâtre en deux actes, publiée en 1999 aux Editions "Aléas", jouée en Ardèche en 2000, à Roanne en 2001, à Autun en 2004.

« 0,8 gramme », c'est l'histoire de Paulette. Le « P'tit Canon » qu'elle tient depuis 20 ans avec son cafetier de mari ne suffit plus à ses ambitions. Il faut le transformer en un restaurant chic. Refus de Marcel. On le partagera donc en deux : le café ordinaire, le restaurant cher. Mais la séparation sera malaisée ; les assauts séparationnistes de Paulette éclateront leurs vagues inutiles sur le rocher de Marcel. Les cloisons se succèdent. En vain.

A bout d'arguments, la fumée serait-elle alors la solide frontière tant attendue, la ligne Maginot des espoirs de Paulette ? Foin donc ! La fumée, comme toute chose, circule au premier courant d'air, virevolte et embarque en son manège les ultimes voeux séparatistes. Si la fumée annonce toujours un feu, ce ne sera pas celui des armes, mais un feu d'artifice. Les raisons de se cloisonner s'en vont avec le dernier tour sur les chevaux de bois.

« 0,8 gramme », c'est le thème de la fracture sociale : Marcel contre Paulette, petites gens et « beau linge ». Mais comment s'entendre, quand on a déjà, au départ, le voeu de se séparer ? Y a-t-il une seule bonne cloison légitime ? Ces facteurs, malheureusement célèbres, de séparation que sont l'alcool et le sang, ont donc donné son titre symbolique à la pièce. Si le « P'tit Canon », ce minable troquet de quartier, peut être le théâtre de la réconciliation universelle, et surtout si l'on peut en rire, et y associer chacun, nous n'aurons pas tout à fait perdu notre journée.